Les entrepreneurs du sport face à la crise : immobilisation, sprint et marathon

Table des matières

Après un an de crise, force est de constater que tous les secteurs d’activités n’ont pas été logés à la même enseigne. 

Certaines entreprises ont été particulièrement affectées alors même qu’elles jouent un rôle de premier plan dans la santé physique et psychologique des citoyens : les entreprises du monde sportif.  

Aujourd’hui, les entrepreneuses et entrepreneurs du monde du sport sont confrontés à de multiples défis parmi lesquels on retrouve :

  • une immobilisation prolongée en raison de la fermeture des salles de sport et un labyrinthe réglementaire ;
  • sprint digital pour développer de nouvelles activités en ligne ;
  • un marathon financier. 

Pas étonnant que de trop nombreux acteurs du marché se retrouvent “sur la touche”, voire en “soins intensifs”. 

Toutefois, malgré les circonstances, certain.e.s ont réussi à se dépasser et à se réinventer.

Dans cet article, découvrez des entreprises pour qui la partie n’est terminée et qui permettent d’entrevoir le “monde d’après”. Vous verrez que nous avons toutes et tous un rôle à jouer pour gagner le match. 

L’immobilisation forcée ou le labyrinthe réglementaire 

Malgré un déconfinement éphémère après la première vague, les salles de sport et la pratique d’une activité physique en groupe ont subi une immobilisation forcée à durée indéterminée. 

Les exploitations de sport connaissent la valeur de l’effort, de la patience et de l’abnégation. Mais après plus de 6 mois d’arrêt, l’asphyxie est proche. 

De nombreuses voix se sont unies pour se faire entendre du Gouvernement et mettre en avant notamment : 

  • le rôle essentiel que joue le sport dans la santé des citoyens ;
  • les protocoles de sécurité pouvant être mis en place pour permettre de remettre en place ;
  • le besoin d’aides spécifiques, proportionnelles et rétroactives.

Pour porter cet appel au Gouvernement et fédérer un secteur qui se sent oublié, un collectif a été mis en place : #SportisEssential (et une pétition a été lancée : https://www.sportisessential.com/).

COVID 19

Voici l’équipe qui porte ce collectif : 

  • Miguel van Ackere (Aspria Belgique) ;
  • Corentin Poels et Pierre-Yves Romanini (CrossFit Dansaert ) ;
  • Stéphane Rutté ( David Lloyd) ;
  • Pierre Rousseaux (Yoga Room) ;
  • Vincent Espejel (l’Usine).   

L’un des arguments soulevés tient à la complexité de la réglementation sanitaire. Entre mesures de distanciation sociale, restrictions liées à l’ouverture des lieux, les exploitants se retrouvent dans un véritable labyrinthe réglementaire

Sur le principe, les mesures de précaution sanitaire sont indispensables. Toutefois, la proportionnalité de leur application dans le secteur soulève des questions.  

Le débat porte notamment sur les études relatives à l’étendue exacte des risques de contamination dans le cadre de la fréquentation de salles de sport. 

En pratique, même les règles les plus simples peuvent poser des questions : si les activités sportives en intérieur ou en extérieur pour les moins de 13 ans (stages, entraînements, compétitions) sont autorisées, que dire aux enfants qui fêtent le 13 ans pendant la saison en cours …  


Le sprint en ligne : une course vers les cours en ligne et les nouveaux services dans le domaine sportif

Certains exploitants se sont lancés dans un sprint pour pouvoir continuer leurs activités et garder le contact avec leurs membres.

 

Yoga Room : cours de yoga en ligne populaires (et payants) 

C’est, par exemple, le cas de Yoga Room qui a rapidement lancé une offre de Yoga en ligne : 

Yoga Room CE

Dès le mois de mai 2020, Yoga Room avait fait sa mue digitale et commençait à générer un chiffre d’affaires en ligne. Pierre Rousseaux (fondateur) confiait d’ailleurs à l’Echo les secondaires positifs de ce passage – forcé – au numérique

  • “le déconfinement ne va pas tuer l’online”, 
  • “en plus d’offrir une continuité à nos membres, ça rend le yoga accessible à des personnes qui ne sont pas en mesure de venir dans nos studios”, s’est-elle rendu compte en cours de route. “
  • “on voit beaucoup de gens adhérer depuis des villes où l’on n’est pas encore actif”.

Marvelous Marvin : cours de boxe en extérieur et en ligne 

Marvelous Marvin, ce sont des clubs de boxe “premium” installés à Bruxelles et depuis juillet 2020, à Waterloo (un club magnifique qui n’a pas encore pu être exploité). 

Nous avons interrogé Axel Kuborn, fondateur de Marvelous Marvin et co-fondateur de la chaîne d’espace de coworking Silversquare. Pour lui, la boxe est avant tout une passion. 

Le digital faisant partie intégrante de l’activité dès l’ouverture du club en 2007. Les cours y sont notamment réservés via une application mobile et le club entretient un esprit de communauté. 

Sessions Boxe

Après avoir proposé des cours en extérieur, Marvelous Marvin propose désormais à ses membres des cours de boxe en ligne (gratuits).

Selon Axel Kuborn,

“les activités en ligne ne sont pas une source de revenus. Elles permettent surtout de garder un lien avec les membres. Pour tenir, il faut de la patience et de l’optimisme.”  

C’est en effet les économies d’Axel qui permettent de tenir à flot les clubs et les perspectives d’emplois des coachs qui sont pour la plupart sous contrat de travail.

Heureusement, l’activité principale d’Axel Kuborn (les espaces de coworking Silversquare) résiste bien à la crise et permet d’occuper pleinement ses journées.

 

Marc Baudaux : coaching personnel sur Zoom 

Les clubs ne sont pas les seuls à devoir explorer de nouvelles façons de travailler en ligne dans le domaine sportif. 

Voyez l’exemple de Marc Baudaux, kinésithérapeute et coach sportif de 26 ans qui travaille dans fitness et le bien-être au travail. 

Pendant  le confinement, Marc Baudaux a lancé une offre  de workshops bien-être et santé Zoom, tant pour des séances collectives en entreprises (comme par exemple au sein du centre d’affaires SeedFactory), mais également dans le cadre de sessions de coaching individuel sur Zoom.

Covid

Marc explique que : ”l’idée des séances collectives prévention santé a été développée avant la survenance de la pandémie, mais le projet a connu une accélération face aux conséquences  de la crise :  grande tension nerveuse, stress, douleurs, arrêt de travail, perte de lien social, voire  et même augmentation de l’obésité et toutes les pathologies liées à la sédentarité (les clubs de fitness ont été fermé 6 mois sur 12 en 2020…). Avec cela la pression au niveau économique bien sûr, niveau bien-être au travail, il y a du boulot…” 

Actuellement, au cours d’une journée, Marc Baudaux alterne séances en virtuel et session en présentiel (ce qu’autorise son statut de kinésithérapeute). 

Certaines journées commencent à 7h30 avec des séances de coaching individuel sur Zoom : 

COVID 2

Photo d’Edouard Cambier qui déclare se tenir en forme avec des sessions d’entraînement hebdomadaires sur Zoom.

 

Le marathon financier : le secteur sportif a besoin de crédit et de financement à long terme  

Pour un grand nombre d’entreprises, le déconfinement tant attendu ne sera que la ligne d’un nouveau départ. Pour tenir dans le temps, elles devront se livrer à un véritable marathon financier

On sait que les aides publiques se sont fait attendre et qu’elles ne suffiront pas dans beaucoup de cas. 

Donc, les acteurs du monde du sport ont besoin de capital et de crédit

Heureusement des leviers existent notamment pour mobiliser l’épargne citoyenne

Tout d’abord, citons les mécanismes de prêts mis en place à l’initiative des pouvoirs publics pour inciter les prêts de particuliers aux : 

  • Le prêt Proxi (à Bruxelles) ; 
  • Le prêt “Coup de pouce” (en Wallonie) ; et 
  • Le prêt Winwinlening (en Flandre). 

Par ailleurs, le financement participatif fournit un autre levier de financement pour les entreprises du monde sportif :  

  • Crowdfunding : des campagnes de financement peuvent aider à collecter des “cagnottes” (via des plateformes de crowdfunding ou de dons) ;
  • Crowdlending : les campagnes de crowdlending permettent aux exploitants d’obtenir des prêts plus importants en faisant appel public à l’épargne. En passant par des plateformes de financement participatif agréées par la FSMA, il est possible de lever jusqu’à 5.000.000 d’euros. De quoi “passer la crise”, mais aussi préserver l’emploi et soutenir les investissements (et l’innovation) à long terme. 

Par exemple, Yoga Room s’est tournée vers BeeBonds, la plateforme de crowdlending pour financer sa croissance. La campagne qui sera lancée prochainement permettra de financer la poursuite de la croissance de l’enseigne avec l’ouverture de nouveaux centres de yoga. Un marché “bien-être” sur lequel la demande ne cesse d’augmenter. 

Conclusion 

Nous avons tous un rôle à jouer pour soutenir les efforts des entrepreneuses et entrepreneurs du monde sportif face à la crise : 

  • en suivant leurs cours en ligne ; 
  • en signant la pétition du collectif  #SportisEssential ; et / ou 
  • pour ceux qui le peuvent, en plaçant une partie de notre épargne dans des campagnes de financement participatif pour soutenir certains acteurs du secteur. 

En financement

cover
Minimum : 1.000.000€
72%
Maximum : 2.000.000€
Montant levé : 1.447.500€

YOGA ROOM

Participez au refinancement et au développement du concept YOGA ROOM, chaîne de studios spécialisée en Yoga, implantée en Belgique, France et Portugal.

Date d'émission

08/04/2021

Maturité

4 ans

Taux d'intérêt

8%

Investissement minimum

500 €